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27/02/2011

notes de lecture...bis

Frigyes Karinthy: trop de lumière aveugle autant que l'obscurité totale...

p38 de Voyage autour de mon crâne: "j'avais promis d'aller à six heures à la soirée d'un cercle de cinéastes amateurs où des adhérents hongrois et étrangers présentent souvent des films huit millimètres. J'adore leurs films, j'y vois l'avenir du cinéma, la possibilité d'une création artistique personnelle et authentique, le chant du futur"...

Tout autant qu'un avis sur le cinéma, c'est à une façon de penser que nous convie Karinthy. Dans de nombreuses de ces oeuvres, le surgissement de la pensée est traduit par une "image qui vrombit" littérale. Soudainement au milieu de nulle part, au seuil de la réalité et de l'imagination, "la pensée fixe se met en branle, dedans, dans la boite cranienne, la projecteur commence à ronronner, et la salle obscure observe péniblement la rumination. Car le projecteur rumine bel et bien, il a fort à faire, il doit dérouler une pellicule décolorée". On pourrait penser à une simple figure de style, pourtant la correspondance entre le ronronnement du film et le "chant du désir" donne simultanément ton au réel. Ce qui peut faire la singularité de Karinthy, c'est d'avoir multiplier les glissements et les déclenchements entre image mécanique et réalité, sans qu'on en sente l'artifice et tout en donnant au cinema une texture autre que celle du loisir, très intime et proche de l'instant. Sa façon de faire du cinema sans en faire (d'après sa biographie, il a multiplié les rapprochements avec la production cinématographique hongroise sans succès et avec regret) le force à forger une réalité qui tend à disparaitre. Il reconstruit des images semblables à la vie, avec une mecanique désynchronisée (voire desincarné, comme la machine de ce vieux rève qui bouge de Guiraudie). La valeur de ces instantanés vient de "l'eventuel" rencontré et non de la loi d'un recit. Ces reportages célestes sont des exercices d'aplomb entre l'inattendu désiré et une impossibilité de contemplation (pas d'images fixes, toujours fuyantes...). Un burlesque peut-être, à sa manière, que l'on ne peut que conseiller de decouvrir:

http://www.espritsnomades.com/sitelitterature/karinthy/ka...

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