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04/03/2011

Logette / Hors-la-loi / Nadeau

Lucien Logette est le rédacteur en chef de la revue Jeune Cinéma et chroniqueur à la Quinzaine Littéraire.

Pour voir sa bouille :

http://vimeo.com/7164361

http://vimeo.com/7164490

 

C’est un journaliste au style clair et précis, d’une grande honnêteté et peu enclin aux compromissions des cénacles, ni pour faire court à la « lèche ». Il s’inscrit dans cette conscience politique mêlée à un goût immodéré pour un cinéma du monde toujours jeune, toujours prompte à surgir là où on ne l’attend pas, qui marqua à la fin des années 60 l’acte de naissance de la revue Jeune Cinéma. Il porte haut les couleurs des ciné-clubs d’antan et de la Fédération Jean Vigo. Il déniche et déterre, à notre plus grande joie, de nombreuses œuvres et auteurs insoupçonnés, comme par exemple ce film unique du cinéaste allemand Ferdinand Khittl La route parallèle (http://www.choses-vues.com/blog/2010/06/un-jeu-mortel/), qui disparut et se tut soudain après ce coup d’éclat, ou, comme dans l’article qui va nous intéresser, Octobre à Paris de Jacques Panijel.

 

sans titre1.jpg

 

http://laquinzaine.wordpress.com/2010/10/11/hors-la-loi-de-rachid-bouchareb/

Deux remarques a rajouter à ce qui est dit : tout d’abord, si je garde en mémoire l’échantillon de terre conservé durant l’exil, je ne me souviens pas que cette terre symbolique fut reversée – se pourrait-il que le film ait été remonté et amputé de la scène du retour en terre natale décrite ici ? -, il se termine en effet brutalement par la mort du frère militant et dirigeant FLN et sur la douleur et la solitude du personnage interprété par Djamel Debbouze, le dernier frère survivant, une fin qui accentue la tonalité très sombre de l’ensemble ; nous pouvons également enrichir le propos de Logette, en rappelant des œuvres qui nous paraissent avoir irriguer en sous-main le scénario, comme Nedjma de Kateb Yacine, roman en forme d’étoile ou les quatre jeunes algériens protagonistes en seraient les branches, roman écrit par Yacine à Paris et en français (dans la gueule du lion et dans la langue de l’ennemi), ou Le Chemin de l’Amérique dessiné par Baru en 1990 qui raconte déjà une histoire de boxe. Ces deux œuvres ont en commun une scène source (vécu pour Yacine qui défila ce « jour de gloire » où la fRance mitterrandienne, gaulliste, et tutti quanti fit couler « un sang impur ») : le massacre de Sétif le 08 mai 1945.

 

Logette rappelle ailleurs que les bidonvilles de Nanterre furent le cadre de certaines scènes de La Poupée réalisé par Jacques Baratier - séquences tournées avec la complicité amicale de Yacine. Rappelons encore le texte dernièrement paru de Bernard Ruhaut, Salut à vous, qui témoigne encore de cette époque troublée et de la coexistence de l’immigration magrébine avec le monde ouvrier dans une banlieue francilienne en pleine mutation (voir encore le très beau film, disponible en DVD, de Jacques Baratier, la Ville-Bidon ou, pour les paysages, certaines séquences de Marie pour mémoire tourné en 67 par Garrel - http://www.gerardcourant.com/index.php?t=ecrits&e=160 ).

 

En revanche, nous nous éloignons de l’analyse de notre critique lorsqu’il croit déceler dans une tendance mélodramatique la faiblesse de l’ensemble. A notre sens, cette faiblesse provient du didactisme, de la succession rapide de séquences à thèse, à vous donner mal à la tête. Le film aurait gagné en ampleur en revendiquant son ancrage dans le mélodrame, américains notamment. Nous avons aimé cet effet de ponctuation, d’écho, qui voit chacun des frères céder, tour à tour et à des jalons différents de l’histoire, à une douleur intime qui les déborde, moment climax exprimé d’une « grimace » poignante et d’un cri expulsé comme touché par le poignard du mektoub par le jeu d’acteur de Djamel Debbouze, Roschdy Zem et Sami Bouajila. Voilà une rime interne au film qui ne déparerait pas dans un grand mélodrame ; mais peut-être est-ce par cette impossibilité de Rachid Bouchareb à accéder à une certaine musique que se manifeste la violence de l’Histoire avec sa grande hache, d’une histoire qui définitivement ne passe pas ?

 

Encore quelques remarques : le népotisme est toujours au pouvoir en fRance, le discours condescendant également ; le bouillonnement du monde Arabe, né rappelons le d’immolations (http://www.tunivisions.net/mohamed-bouaazizi-est-decede,11093.html), est un pied de nez à tous les bouffeurs d’espérance ; rappelons, pour (ne jamais) en terminer que les bidonvilles repoussent dans les interstices du béton, auréolés du mépris de la classe dirigeante (http://blogs.paris.fr/moisdelaphoto/2011/01/28/galerie-benj/); rappelons que Lucien Logette écrit dans la Quinzaine Littéraire, un des rares canards Totalement indépendant dans cette fRance hAchettée, canard qui doit sa survie, récemment et en partie, à une souscription publique et solidaire, canard enfin né de la conviction d’un homme, le Guinguoin des lettres, signataire du manifeste des 121, surréaliste fidèle, résistant toujours, depuis hier titulaire de la médaille Grand Vermeil de la Ville de Paris devant un parterre de quelques quidam (combien de présents pour une cérémonie similaire, il y a quelques jours, en hommage à Carmen Maura ?), l’éditeur de Au dessous du Volcan et de Anne Thébaud, le Combattant à 100 ans, il se pourrait que le journaliste de Combat soit hors-la-loi à jamais, il se nomme MAURICE NADEAU !

 

 

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Commentaires

Excellentes analyses et bonnes fréquentations.

Qui êtes-vous ?

Sinon corrigez vite le nom de Nadeau, ça fait désordre les fôtes d'orthographe sur les patronymes.

AVL

Écrit par : Anne Vignaux-Laurent | 05/03/2011

Merci. Une confusion avec un autre Nad(o) qui m'occupe également pour d'autres raisons : Martin Nadaud. Nous sommes justes des amateurs de cinéma pas très doués en orthographe ;)! Heureux que cette note vous ait intéressée.

Écrit par : aa | 07/03/2011

Les commentaires sont fermés.