Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

16/07/2011

« Dresseurs de loulous » / « Dynamiteurs d'aqueducs » - partie 1

Les signes sont parmi nous. Etre surfeur, suivre la vague qui emporte jusqu'au rivage, maîtriser son propre équilibre, s'harmoniser avec les embruns et glisser vers la plage, jusqu'à reprendre pied. Etre comme la mouette : « rieuse » et dans le vent; être stopper dans son élan par les courants d'air, puis décrocher soudainement. Si les signes sont parmi nous, ils sont autant de puces à l'oreille.

Fin juin et début juillet, à l'heure d'été, alors que les bacheliers sont couronnés par légions, il était possible de surfer sur une vague de petits festivals engageant la jeune pousse du cinéma où de jeunes cinéphiles : l'un se nommait (assez pompeusement il faut le dire) Nouveaux Cinéma festival international des cinémas numériques, l'autre Vous n'avez rien contre la jeunesse? Le festival de l'autre ciné-club pour les 15-25 ans. Rembobinons donc...

… Ou plutôt, coupons court, car malheureusement, l'émotion de cette fin juin, le renversement par les images, n'était pas pour nos yeux fatigués au programme de ces deux sympathiques manifestations, et pourtant, nous aurions aimée qu'elle soit le résultat et l'apanage du dynamisme de cette jeunesse (« craches le feu, l'amour et les tendons » chante le groupe Tournée Générale). Il est surprenant d'observer dans un festival des cinémas numériques un mimétisme complet des moyens de production, des modèles de tournage, des formes cinématographiques avec le cinéma argentique des plus classiques. Rien de bien détonnant. Alain Cavalier pour ne citer qu'un cinéaste dont l'outil est la petite caméra numérique n'a semble-t-il pas encore été pris pour référence et modèle. Peu d'expérimentation mais une volonté affichée de réaliser des films avec défis - comme des « grands » -, d'engager une « entreprise » qui, menée à bien, serait une intéressante carte de visite pour taper aux portes de la « profession ». Ceci n'est pas une critique bien féroce, certainement le point de vue de yeux fatigués, un brin désabusés, surtout déçus par un certain conformisme de « forme » et de « fond ». De nombreux courts s'ancrent d'ailleurs dans un cadre « bourgeois » : l'appartement bourgeois (Cité Terrestre d'Etienne de Gaume, Penguins & Moonboots de Nathaniel H'Limi, ou la relecture de La Muette de Claude Chabrol L'Insecte de Eduardo Fraschini; ne manque pas même le canal St Martin dans Dernière Démarque de Mathieu Rumani, chapitre oublié et un « poil » plus féroce d'Amélie Poulain, apparition de Diam's et générique long comme le bras).

Enfin, les films existent, et ce charmant festival (open bar Jameson) leur permet de franchir le seuil de la salle de cinéma. Il semblerait bien à l'ère du numérique que la difficulté ne soit plus de filmer, d'enregistrer des images, mais bien de les diffuser, de les montrer. Il en va sans doute comme ce blog : les possibilités d'accès – via la toile – sont infinis, mais le balisage est à créer, peu de chemins sont tracés; nous tendons les yeux – sentinelle « buzzatienne » - , et une vaste plaine s'étale à l'infini, grevée de marais où s'embourber. Le réel est un Tourmalet : un juge de paix qui dresse son ombre jusqu'à annihiler les platitudes. Le spectateur se transforme petit à petit en un public voir en un agglomérat d'avatars. Faudra-t-il à l'avenir se méfier des avatars? Les avatars sont-ils capable d'amour, d'empathie? Autant de questions ouvertes qui ont taraudé nos lycéens de l'autre ciné-club. Au cours des débats, entre les modes traditionnels du surgissement du cinéma, c'est à dire par remontée capillaire lié au milieu, par apposition, mise en présence de films, imbibition, ou par choc, révélation, arrêt brutal devant ce « qui nous parle », et autant de modes d'affiliation au cinéma déterminant un individu-spectateur, est apparue une façon plus collective et dilettante de regarder, une manière empathique qui passerait du « Je pense donc je suis » à un autre type de cogito mis en évidence par exemple chez Jeremy Rifkin, un « Je participe donc je suis ».

http://eelv94120.over-blog.com/article-une-nouvelle-consc...

Si l'empathie est une communion des êtres humains au-delà de leur être physique, n'a-t-on pas ici la définition d'un parfait spectateur-avatar près à tisser pour avancer et circuler toutes sortes de toiles tel un certain héros de grand renom : Spiderman?

La jeunesse cinéphilique : - dresseur de loulous plutôt que dynamiteur d'aqueducs (1:54)?

aa

 

Les commentaires sont fermés.