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18/08/2011

Summertime : l'art de la séduction


Le Ramadan a passé son midi. L'été se poursuit en pente douce. Les journées sont longues, près de 15 heures, idéal pour caler une séance de cinéma ou deux, et s'offrir une parenthèse entre des actualités, de l'Angleterre au Proche Orient, littéralement brûlantes, enfin, ceux qui le peuvent, que la plage ne mobilisent pas, que le temps de la prière ou du travail libère. N'en n'oublions pas cependant de nous aimer les uns sur les autres comme le chante Alister.

L'été s'est également le temps des comédies, plus ou moins légères au niveau des tenues comme des intrigues; il n'y a pas que le corps qui éprouve le besoin de s'ensoleiller, de se plonger dans un bain iodé, l'œil aussi aime à se baigner dans des couleurs chaudes. Si on excepte le bijoux d'humour signé Howard Hawks, Le sport favori de l'homme, programmé en copie neuve à la Filmothèque du Quartier Latin, les écrans sont partagés entre comédies anglo-saxons, dont les américaines toujours axées sur la crise (personnel, social, ou familial) et la réconciliation avec le monde (personnel, social ou familial), et les (trop) nombreuses comédies françaises. A l'humour animalier et potache de Monsieur Popper et ses pingouins, ou régressif de Bad Teacher, qui offre cependant une vision réjouissante du fameux « mammouth », la bad teacher hérétique se découvrant finalement plus altruiste et concernée que les « névropathes » qui l'entourent, nous avons préféré « l'outre manche touch » : Killing Bono (ce titre... un bonheur (c'est subjectif, évidement, Bono a ses fans)), et Submarine, une petite liqueur galloise tout en émotion et fantaisie produite par Ben Stiller (musique Alex Turner (Artic Monkeys)). Un exemple des dialogues ciselés de cette comédie introspective sur l'adolescence, mais pas que et plus encore..., extérieur soir, Oliver et Jordana se retrouvent sur la plage, face à l'océan : « - Demande moi qu'elle est la profondeur de l'océan. - Pourquoi! - Parce que je le sais! - Qu'elle est la profondeur de l'océan? - 10000 m ». L'amour serait donner ce que l'on n'a pas, mais pas que et plus encore...


Mais que vient faire Jacques Lacan dans la galère des multiplexes! Il vient rire (un peu et parfois jaune) devant L'art de séduire avec Mathieu Demy et Valérie Donzelli (« strangely attractive »), dont nous attendons avec impatience la dernière réalisation La guerre est déclarée. Séduire? le sport favori de l'homme, c'est une histoire de poissons, de cannes à pêche, de leurres... et de bec dans l'eau. Le ressort de cette comédie qui fleurte avec la gravité et les bords du bassin de la Villette se détend sous l'action conjuguée de la confusion des sentiments, de ce que l'on sait ou ne sait pas de l'Autre (de la différence entre l'environnement, ce réel que nous façonnons (et détruisons), et la vie psychique – ce que nous sommes, nous imaginons être, ce que nous voulons être, ce que les Autres imaginent, ce qu'ils perçoivent, ce qui nous obligent). Lançons le concept, l'idée sous-jacente qui turlupine comme le bouchon – canne en position : 10h-11h-9h -, plouf! Ça fera toujours des ronds dans l'eau : l'identité, voilà le moteur de nos comédies hexagonales et nous verrons (prochainement) que certaines de ces comédies sont comme des réponses en forme de leçons au sinistre débat de nos sinistres politiciens nationaux). Cette identité que l'on travestit, que l'on nie, que l'on pourfend, que l'on défend souvent, que l'on usurpe parfois comme dans... Le sport favori de l'homme qui focalise nos sourires, et comme dans Itinéraire Bis avec un Fred Testot peu convaincant en naïf et une Leïla Bekhti en « chieuse de service » mais toujours en beauté. Ce film de Jean-Luc Perreard (premier long métrage) n'a pas d'autre prétention que de rafraîchir comme une glace à l'eau et c'est très bien ainsi, même si un étrange accident de voiture et une tentative d'assassinat ombrent cette « fausse » ballade touristique et lui donnent un peu de relief. Une histoire romantique qui démontre un étrange théorème – tiens tiens comme Le sport favori de ... -, que plus Sa Majesté la Femme est emmerdeuse, plus son charme est tenace. Le personnage principal ne sait pas nager – tiens tiens comme dans Le sport... -, et il s'agira pour lui de se jeter à l'eau; Jacques Lacan n'a t-il pas dit quelque part que l'amour était une forme de suicide...

Au final, vous aurez compris que nous avons beaucoup ri durant la projection du... Sport favori de l'homme. La caméra « descriptive » de Howard Hawks y fait des merveilles. Nous y retrouvons avec délectation le thème du « couple hawksiens » : une femme de tête et un homme « gentillement niaiseux », ce qui, chez Hawks, n'est pas un obstacle à la possibilité de l'Eden : - ou comment l'apocalypse (un orage deus ex machina) transforme un campement de fortune en une barque romantique, refuge des derniers Adam et Eve.



A suivre...

 aa

 

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