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26/08/2011

Silhouette

Le Festival Silhouette, un des festivals les plus bucoliques de paname, fête ses 10 ans du 27 août au 4 septembre. L'idée des créateurs, organisateurs, promoteurs est de mélanger projections de courts-métrages et concerts, le tout en plein air, au parc des Buttes Chaumont pour l'essentiel, et en accès libre. Un énième festival gratuit aux allures de centre aéré bon chic bon genre pour grandes personnes adeptes du pique-nique, du sachet de chips, du frisbee et du pied nu dans l'herbe grasse? Pas de fine bouche, il y a là un bon moyen de squizzer l'annuelle et déprimante « rentrée » qui s'approche (c'est inévitable le Titanic heurtera l'iceberg), de prolonger Paris Plage en alternant avec La Fabrique à Rêve de Saint Denis. Le cadre romantique du parc des Buttes Chaumont ne manque pas de charme ni de grandeur, l'écran gonflable nous amuse toujours autant, les canards aussi; les soirées y sont champêtres, nonchalantes, la musique et les films n'accaparent pas toutes les attentions, ils ne sont que prétextes, diversion face aux espiègleries des mômes, aux frou-frou des robes. Pourquoi l'association Silhouette ne partagerait pas cette vision d'ensemble assez désinvolte? On remarque sur leur site et dans les discours une certaine fougue dans la défense de la forme du court-métrage, une vocation de « défricheur » de talents qui contraste avec le regard et l'oreille le plus souvent distraits des spectateurs. Un « partagisme » qui est aussi le credo de ce blog en mode 2.0; concrètement cela se traduit par une interactivité que les musiciens se sentent obligés de pratiquer, désespérant bouger l'indolence des parisiens – bien loin de Brassens qui balançait ses textes avec à peine un bonjour et un au revoir.

Nous nous souvenons fort bien des premières années de ce festival découvert entre les joggers qui tournent autour du parc comme l'anneau autour de Saturne, de la première soirée, bon enfant, improvisée par une bande de copains, des suivantes au programme plus étoffé, des soirs d'orages et de pluie qui causaient des ravages dans les rangs des humains, un peu moins chez les canards... Lors de la soirée inaugurale qui s'est tenue à la Bellevilloise étaient annoncés le chiffre de 20000 spectateurs – combien de silhouettes parmi eux? -, des séances avec billetterie au CentQuatre (une reconnaissance institutionnelle), des ateliers à destination des enfants et de nombreuses animations (sur le thème notamment de comment réaliser son premier film) encadrés par plus de 80 bénévoles. La bande de copains mordus de cinéma et de la forme courte s'est bien étoffée en dix ans. Espérons que ce nouveau partenariat avec l'établissement du 104, sans être de mauvaises augures puisque ce bâtiment abritait autrefois les pompes funèbres, n'enterrera pas complètement la volonté affirmée de maintenir, dans les courants d'air, la gratuité de la manifestation. Deux autres raisons d'attirer l'attention sur cette événement : la présentation faite à la fameuse Grande Prairie de la Bellevilloise (normal pour un festival pastoral) par une jeune femme avec la voix de Anne Heche – la voix française s'entend – et le parrainage d'une belle association, Terre de Liens, quand on vous dit que l'amour est dans le pré...

De nombreux jeune gens gambadant dans la Prairie, entrechoquant leur verre, tandis que nous observions la chute du soleil sous notre simili tente du désert, sont advenus au cinéma par Quentin Tarantino et son Pulp Fiction; si ils savaient que leur héros n'a que mis ses gros doigts dans la prise que lui a tendu Anne Heche; si ils se doutaient seulement que la voix généreuse et déférente planant sur la soirée est le moule de la blonde moderne américaine, de Téa Léoni, en passant par Cameron, Diaz, Naomi Watts (pâle copie dans Mulholland Drice), Kirsten Dunst ou Rachel Evan Wood; qu'elle est enfin l'actrice édénique de Six jours sept nuits (ah! ce qu'une voix peut réveiller comme lyrisme caché et aveuglement – ce qui problématisé dans les termes du cinéma et de la névrose pathologique se traduit par le « complexe de la serveuse » ou comment falling in love de la fille en point de mire et pourtant inaccessible : de la star). Quoi qu'il en soit – et comme beaucoup de séances de cinéma – ce festival, avec les carrières aménagées, son lac et sa cascade en toile de fond, avec les Buttes Chaumont qui sont comme un écrin de verdure dans le 19ème arrondissement de la capitale, une goutte de vert au coeur de la métropole francilienne, avec les canards, la musique, les gens et Anne Heche, est une de ces TAZ revigorantes et sympathiques. Paquets de chips sous le bras, allons grossir de nos silhouettes l'ombre portée de la foule... des beaux jours.

 

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