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12/09/2012

Affiches parisiennes

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«Le cinéma de papa...et de maman», la terminologie pour annoncer un film de Truffaut étonne. On comprend le voeu d’affection récusant le jugement moral dans l’annonce. Même si la belle intention de partager une séance une fin d’après-midi d’un début d’automne à son vague à l’âme de ne plus savoir quoi faire est louable au centuple, l’expression donne au film le cachet du classique qu’il parvenait à ne jamais avoir l’air d’incarner, toujours à sa figuration d'étonnement, sa vision de fraicheur à être plus actuel que de nombreuses productions. A moins que les papas et mamans aient changé et ne se traduisent plus par le gout pour le vieux jeu faisandé de films théâtraux jugé par les avis assurés de critiques qui préféraient le label du théâtre. Arguons que pour la séance prévue (après Tomboy en Juillet), le slogan se préservera du catalogue, ne donnant plus au film de Truffaut la reconnaissance d’une voix institué mais l’apparence de décontraction buissonnière de la famille recomposée, de faux adultes plus oncles que papas qui amènent faire un tour au jeu des images aléatoires. 

 

Truffaut vilipende le monde de quelques papas d’après guerre raffolant des films de studios dans un magnifique article qui a fait date, sur les films (adaptations) qu’il n’aimait pas d’Aurenche et Bost, tout en surjeu, bruits sonores reconstitués à leur monotonie d’une vie confiné de laquelle il s'agissait de se détourner au plus vite en ouvrant grand la fenêtre (du cinema). De devenir pour lui et Léaud des enfants du siècle, bien plus que des papas mamans, même si Doinel devient à son tour d’un bout de chou le responsable, plutôt le tuteur, au sens pédagogique ou même floral. Dans les films de Truffaut, il y aussi un souhait de dichotomie sur les choses, comme si d’un simple phonème visuel ou sonore pouvait naitre une fiction parcellaire, parallèle dans le film. On peut compter sur le film projeté pour que quelques baisers volés soit en rêve ou en approche, escomptés sur les joues de passantes arpentant la rue proche Jean-Pierre Timbaud, en deçà des rôles et des représentations, «une fille qui vient et smack, qui m’embrasse, c’est mieux que d’être riche, non?», «à la limite, un geste sans parole, pourquoi pas. C’est même ma quête. On a besoin des gestes», des gestes à la jointure de l’inattendu échappant à la reconnaissance, comme cette rose blanche que nous tend l’auteur des deux citations au dessus, un Léaud tout en stupéfaction regardant passer les flux de la ville, les yeux écarquillés sur des affichettes d’une interview donnée, qui tient sa gageur «dix pages d'entretien à s’en relever la nuit» (Sofilm). Baisers volés jusqu’à «l’heure du loup» (quatre heure du matin dans les Bergman), du grand méchant?

 

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