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01/10/2012

Lundi matin - poing agenda

« Pâle septembre. Comme il est loin le temps du ciel sans cendres ». Il pleut, il va pleuvoir, il mouille, il va mouiller, c'est la fête à la grenouille. Nous espérons que les batraciens ont un agenda étanche, et pour cause tant le mois de septembre (parisien hélas) a opposé au bleu du ciel, au farniente de l'été, le teint pâle de la cinéphilie, une pluie de cendres incandescentes sous formes de programmations pléthoriques, de festivals en veux-tu en voilà. Le trottoir mouillé à son charme, et les flaques reflètent l'image inversée du ciel immense. Le mois d'octobre s'annonce tout aussi plein et palpitant. De petits bonds en petits bonds, chacun pourra se sécher dans les salles du Mélies à Montreuil, lors de la nouvelle édition des Rencontres du Cinéma Documentaire à l'initiative de l'association Périphérie (http://www.peripherie.asso.fr/rencontres_prog.asp#prog) ou à la Cité nationale de l'histoire de l'immigration où seront projetées Rengaine de Rachid Djaïdani, Aujourd'hui d'Alain Gomis, ainsi qu'un ensemble de courts-métrages algériens, dont Mollement un samedi matin, et Demande à ton ombre de Lamine Ammar Khodja, magnifique cahier d'un retour au pays natal (http://www.histoire-immigration.fr/2012/9/fidel-festival-...).


Les « Rencontres » ont de la suite dans les idées. Après avoir explorées les rapports du cinéma et de la poésie, en diffusant notamment une partie de l'oeuvre documentaire de Naomi Kawase, elles se centrent , cette année, autour de l'énonciation à la 1ère personne. La caméra peut-elle être utilisée comme un « je »? Est-elle identifiable à un « moi-je »? La cinéaste de Nara est un pont admirable entre les deux éditions de ce chaleureux festival. Son dernier film appartenant à une sorte de « continuité » autour de sa Grand Mère - Chiri – y sera projeté. Notons également qu'une intégrale débutera le 17 octobre dans la Vénérable Institution sise Parc de Bercy. Rétrospective immédiatement suivie par la projection de l'oeuvre immense de Pierre Perrault comme deux champs/chants documentaires se faisant face, sans s'annihiler (deux boeufs musqués front contre front); deux manières de voir, deux rapports au réel : un rapport au "moi haïssable" (comme l'écrit Pascal), mais parfois (dernier) lieu de "résistance", et un "usage du monde", une "poétique du monde" : deux questionnements autour de l'articulation de la partie et du tout, du particulier au général, du singulier et de l'universel. Rappelons à ce sujet - et encore - les analyses vigoureuses d'Emmanuelle Demoris (texte ci-dessous) dans lesquelles il est longuement question, dans le cadre d'un filmage/tournage avec les petites caméras, de ces problématiques, et notamment de ce cinéma énoncé à la première personne. Une réflexion salutaire et critique, toujours éclairante, que chacun pourra confronter à l'oeuvre de Kawase, de Mekas, Lehman, etc, ou encore à Demande à ton ombre, par exemple, film qui appartient au-delà de la forme du journal, à une économie de subsistance, au cercle de l'intime, mais qui s'ouvre à cette « expérience » telle que la cinéaste de Mafrouza l'a théorise et l'appelle. « Il s'agirait plutôt d'expérience, au sens anglais du terme, au sens où l'on fait l'expérience de quelque chose, où on le traverse. » S'en suit un rapprochement avec l'oeuvre de Peter Brook, ce même Peter Brook pour qui Rachid Djaïdani a joué, et qui en retour l'a profondément et humainement inspiré : - un travail autour de situations, « situations représentées » écrit Emmanuelle Demoris, au centre desquelles il s'agira pour le documentariste, l'acteur à la caméra, pour les personnes filmées, pour les spectateurs, de rechercher la « part de liberté ».

Demoris - Petites caméra.pdf

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Rajoûts : les 6 et 13 octobre, au Forum des Images - la liberté de voir, de désapprendre les "conditionnements", est aussi une oeuvre, une énergie prêtée, passée, d'un Marcel (Hanoun) à l'autre. Deux journées hommage à Marcel Mazé le fondateur et animateur du Collectif Jeune Cinéma et du Festival des Cinémas Différents (http://www.culturopoing.com/Cinema/A+la+memoire+de+Marcel...). A découvrir, comme Ahmed Zir au cinéma La Clef : oeil ouvert, caméra poing, et la bricole comme "beauté du geste" : http://www.circuit-court.org/spip.php?article728

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