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18/11/2012

Nuages flottants en semaine

La volonté de ré-unir s’inscrit dans une présentation: «cette programmation rassemble des cinéastes qui cherchent comment représenter l’indétermination du monde, ses interstices et ses zones floues. Les quinze films proposés interrogent la question du visible et de l’invisible, ils explorent la porosité du réel : ses creux, ses troubles, ses flottements. Leur objectif n’est pas d’épuiser le sens caché des choses ou des êtres, mais de mettre en scène la complexité et le doute. Ils travaillent dans l’entre-deux, aux confins des ombres et des lumières, dans l’incertitude du présent et les fantômes du passé» (Hélène Coppel). L’orientation se veut pléthorique: “ Je souhaite faire apparaître sous le réel documentaire un autre réel. Présent mais très ancien, infiniment passé. Je souhaite parler d’un monde qui ne se confonde pas avec celui que raconte le film : son arrière monde, son double, l’écho qui lui donne sens. D’une certaine manière je cherche à dialoguer avec les morts. Non pour les faire parler mais pour instaurer avec eux une parole où nous serions à part égale. “ François Caillat. Les rencontres organisées doivent être nombreuses, les paroles engagées aux interrogations multiples. Cette semaine, le Nouveau Latina voit s'ébrouer une nouvelle programmation courageuse, «les fantômes du réel». Le titre du cycle parait en adéquation avec une trame de la semaine, peut-être en écho de sa contrainte, ou au contraire, en contestation d’une morosité, les écrans en lutte avec le mouroir d’une redite des enchainements, qu’entre des «identités sans personne» et le «corps glorieux» incertain d’une apparition, entre le fantôme de l’instant et le réel très hypothétique, quelques canevas puissent exister, aux lieux, aux absences, aux figures (les titres des séances). Patrizio Guzman himself, en figure inspiratrice, croisera peut-être Richard Dindo le même jour, présent lui aussi, deux films de ces deux réalisateurs étant astucieusement et très justement présenté le même Samedi. D'autres réalisateurs (trices) sont à découvrir ou à re-voir. Au bout de la semaine, l’année dernière à Marienbad devrait clore la semaine, toujours selon la programmation dont on présent qu’elle a été élaborée avec soin et précision, faite d’entrechoquements et de glissements entre les oeuvres. Le film de Resnais si glorifié de louanges, peut surprendre de se voir remettre une pensée du réel fantomatique, tant il peut paraitre aussi distancié, face aux éléments et aux êtres, laissant pour certains (nous) à un vide même s’il est risqué de proposer une inflexion aux adeptes, et dire que nous aurions davantage vu les photos d’Alix clore une semaine sur le réel à son apparition disparition d’une fugacité douloureuse. Mais le cycle a l’air de mettre en place l’espace d’un débat et permettra de vérifier si les films penchent du côté d’un quant à soi abstrait ou encore d’un réel à sa forme de vie même tendant au spéctralisé. A l'intérieur même du cycle, il semble qu’il ait moyen de trafiquer avec les éléments films, qui ne correspondent pas forcément aux directions qu’on voudrait donner, sous quelques vents sonder si «l’acte d’amour de rappeler un mort est l’acte d’amour le plus désintéressé, libre et fidèle» (Kierkegaard) qui soit. A suivre, au seuil des rendez-vous.


 

 

 

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