Ok

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies. Ces derniers assurent le bon fonctionnement de nos services. En savoir plus.

01/10/2013

FIDEL 2013 : la marche en avant

http://www.lefidel.com/

Le FIDEL débutera ce jeudi. L’occasion de poursuivre nos marches individuelles et collectives, et d’entrelacer les divers chemins urbains en une carte du tendre jusqu’au Palais de la Porte Dorée. La sympathique équipe du festival sait y recevoir. Marcher est un geste politique ; un geste politique fort qui peut accompagner et même suppléer la prise de parole - marcher sur toutes les Bastille. Marcher pour perturber l’espace de circulation, rencontrer les populations, agréger des voix et agiter des étendards, apaiser ou enflammer la colère et l’esprit. Le caméraman militant, de rue (pour le distinguer de celui de plateau, occupé à capter la « torture » de quelques actrices) est un élément de ce collectif, mais rares sont ceux qui, comme Anand Patwardhan, ont en fait le moteur de leur cinéma, d’un questionnement général - l’histoire des hommes et des sociétés - et particulier – le surgissement des événements. Rares encore sont les cinéastes qui ne se contentent pas – carte de presse en bandoulière – de papillonner autour des marcheurs, les devançant le plus souvent pour mieux les prendre de front - mettre au pas plutôt qu’épouser le mouvement -, mais filment littéralement, à l’exemple de Rachid Djaïdani (FIDEL 2012), aux rythmes des enjambées. Marcher, c’est aussi prendre la première sortie, la poudre d’escampette (s’échapper de prisons, parfois intérieurs pour les victimes d’amnésie qui rompent définitivement les amarres) – jusqu’à la mort même : trouver pour Walser au bout du bout de la tourmente et pour l’exilé dans quelques houles, dans les innombrables pièges d’un monde sans « home », sans foyer, hostile. L’occasion est donc offerte de découvrir le moyen de « vaincre le capitalisme par la marche à pied » (Walter Benjamin), et d'approfondir les propos tenus par Tariq Teguia (dans la revue Dérives), de réfléchir certaines séquences de ses films : "Dans le film (dit-il sur Inland), les activistes politiques arrivent à peine à dépasser le cadre de leur cellule, la membrane de leur cellule. Voilà pourquoi peut-être, à la fin, on les voit s'évader et faire de la marche aussi, de la marche rapide, voire de la marche forcée un mode d'action politique. Peut-être qu'il fallait justement aller haranguer, marcher."

« Je ne puis méditer qu’en marchant et ma tête ne va qu’avec mes pieds » écrivait Jean-Jacques Rousseau, établissant d’un coup une distinction entre les tenants d’une raison abstraite se réchauffant au poêle, accrochés à l’espace clos et calme de la chambre ou du bureau et les penseurs qui ne peuvent ignorer les sols, l’environnement, une existence précédant l’essence. Autant de possibilités en autant de séances de questionner cette limite et d’autres : entre les deux rives de la méditerranée, entre les genres ; et de se défaire des enfermements et des oppressions. "... recommencer le monde au milieu du monde puisque l'amour, puisque..." (Tariq Teguia).

FIDEL2013.pdf


aa

Les commentaires sont fermés.