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26/11/2013

"Nuits froides"

«J’ai besoin de marcher. Trouver son couloir de nomadisme», Depardon, Le Désert américain. L’expression est frappante par la réunion des deux termes, «couloir» rappelant de très près l'hôpital psychiatrique, et «nomadisme» qui s’approche du rêve de revenir encore en Afrique «je rêve tout haut d’une maison au Tibesti avec un grand tapis, la radio, des livres: que des choses simples. Terminer le film Tibesti Too». C’est dans ces pas qu’un couloir de nomadisme se dessine, à travers Paris, en ce Novembre, dans ces rues bien froides actuellement, au froid de couloir qui revient immanquablement trop vite. On peut se faire un plan Depardon, entre les lieux de ces expositions, et ces zones vides de la ville où il n’est pas, où peut-être que finalement il est aussi, tant «voir à partir du désert» accompagne ces retours à Paris, dans la façon dont il l'évoque dans le Petit Navire. «Voir des déserts» (Toubiana sur Depardon) ou voir à partir du désert, ce qui ne serait pas la même chose, le carrefour entre deux rues semblent autrement hantés, «une sorte de caméra hantée qui se libère de la peur» (Depardon, sur son travail avec Olivier Froux). On ne marche plus tout à fait pareil dans Paris, entre ces plans polarisés par des vides, où des désirs reliés aux marches, entre contemplation, attirance, et perte, sont, comme dans empty quarter, en procès. Son travail est donc à l’honneur (et quel honneur) mais Depardon apparait aussi en annexe d'autres travaux qui sont présentés de concert, dans la mouvance des aventures brassées. Des livres ressortent des rayonnages avec de splendides préfaces de l’auteur, très généreuse à rendre palpable ce désir d’Afrique aussi dans le regard d’un autre. Des initiatives se mettent en place: Bergala invite le compère de Gamma, Jean Gaumy, à parler de son travail; une pièce de Miguel Angel Sevilla s’interroge sur la place du photographe de guerre  (au local, rue de l’Orillon); et même si Depardon ne sera peut-être pas évoqué, il sera permis de revoir Françoise Prenant invité par Nicole Brenez à la première rencontre avec Lionel Soukaz, mais cela sera déjà pour autre chose. La liste n’est pas exhaustive, Depardon se démultiplie en pluralité. Aussi, il accompagne dans une nuit froide, entre couloir et «errance». D’autres films récemment vus, n’ayant à priori rien à voir, s’envisagent dans des dialogues avec lui, dans des détours, des résurgences dans des découvertes, très différentes mais que l’écran du cinéma aurait du froid en partage, en sensation («cinéma désert, cinéma fantôme» que l’on entend dans le film de Yann Gonzalez, dans un plan de salle, assez similairement qu’un homme dans un film de Rollin a des visions qui le poursuivent  venant d'un rapport à l’écran, une femme s'éclairant soudain, au milieu de nulle part, les Lèvres de sang; «ce qui laisse le temps agir sur nous»  (Depardon) dans l’ambivalence qu’il a soutenu, flirtant aux frontières d’une perdition comme aussi d’une chance). A ce passage de l’automne à l’hiver, de gaité brusque pour quelques enfants qui retrouvent de la neige sur le museau, une nuit parisienne tisse un passage hétéroclite d’images dans un sillage, une «possession» à occlure des errances, à revenir à Depardon, par «amour» (comme le film ne sera pas reprojeté par la cinémathèque):

 

 

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