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06/01/2014

En retour

En revenant sur Paris, les affiches de films saisissent, sur les colonnes Morris, les encarts de métro, les panneaux coulissants, en grands formats, même sur des façades d’immeubles. La journée s’augure à ce que pourrait être la future projection du soir, ainsi emportée pour un laps pour une durée quotidienne, au vertigineux de succession sur un rythme haletant tant les séances actuelles suscitent ce rêve précipité d’impression sur lequel surfer ces dernières semaines, ces tous derniers jours. Impressions d’affiches typiques de grande ville, car la ville plus modeste réclame que l’on aille directement se renseigner au lieu consacré, ou dans la rubrique proche de la nécrologie dans le journal local. Une fois le film vu, l’affiche ne recèle plus tant, elle est comme le menu d’un restaurant dont il est rare de le lorgner encore après l’avoir gouté, mais elle se voit en rappel, en pointillé dans la ville, en souvenir dense si le film était une «rencontre». Egalement, il ne serait pas inintéressant de la mettre en regard, Scarlett n’étant pas que cette  fille terrible qui arrive gainée de cuir à un rendez-vous, et que son image placardée ne ressemble plus beaucoup à l’idée qu’on s’en faisait avant la projection. Nymphomaniac dispose des personnages qui ont l’air vraiment de s’éclater, la bande annonce porte déjà à d’autres perspectives, plus proche de la nuit et de sa puissance. Malgorzata Szumowska invite, de son côté, à des brèches radicales dans les reflets des habitudes. Les décalages entre affiches et films, entre présages et oublis, constituent des notes mentales (on ne peut pas encore annoter un film comme un livre, le film ressort de sa boite mentale de toutes ces affiches et se voit à des projections autant qu’à l’analyse rigoureuse) qui accompagnent un temps, précisément daté aux alentours d'une période, même lointaine de la sortie, de la dernière séance dans la dernière salle qui le projette. Le parfum d’époque d’une publicité Edf, représentant la recherche sur ces 40 dernières années, est pâlotte face à la fragmentation de temps démultiplié à des perceptions, que supposent ces affiches d’un temps qui marque les jours. Les montages de fin d’année pour passer en revue des films marquants (pour le monteur) entassent dans ces flip books des séquences capsules, de connivence pour ceux qui ont assisté à telle ou telle séance, un peu perdu aussi de telles bribes d’essences. Villeglé y verrait des figures à faire transparaitre si elles s’accumulaient les unes sur les autres, ou selon Matt Bryans, il y aurait peut-être un visage de gratter de la pellicule ou de la photographie imprimée, ou plus simplement sur une photo, un fragment de temps englouti. «Quand on parle de l’année prochaine, les diables se mettent à rire» (Jacques Monory) : 

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