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28/04/2012

Serge Toubiana pour qui votes-tu (au premier tour)?

Pause.


Dans dix jours, l'internaute et a fortiori « les gens de la moyenne » comme le chantait la Grande, si précieuse et essentielle Colette Magny (le fond Slon/Iskra possède des images d'un concert à Saint Nazaire qui vous foutent la chaire de poule http://www.iskra.fr/front_office/iskra_home.php?vMenu=pre...), nous même donc, auront oublié un des faits les plus remarquables de la campagne des élections présidentielles qui s'achève. Nous voulons évoquer et consigner la chute malheureuse de la candidate des verts et Europe Ecologie Eva Joly.

http://www.lefigaro.fr/politique/2012/04/02/01002-2012040...

La grande, précieuse et essentielle Eva Joly, autant d'adjectifs qui ne semblent guère superflus lorsque l'on se représente ce qu'elle a dû souffrir d'une fRance bleu blanc. Quand sera supprimé le défilé du 14 juillet ? A quand une commémoration de la fin de l'esclavage qui fasse plus de bruit que les chars sur le pavé des Champs-Elysées. Bientôt, nous pourrons chômer aux fêtes arabes, juives ou bouddhistes... Le fait remarquable est donc cette chute – aucune chute n'est anodine, tout cycliste le sait de longue date - ; chute survenue dans un cinéma. Cela n'a malheureusement inspiré que 2% de votants et donc, peut-être, par déduction n'y a-t-il que 2% de cinéphiles à l'intérieur de ces frontières que s'empressent à redessiner aux traits noirs nos ennemis les graphistes. La citation qui ouvre Les Sanctuaires de l'Abîme chronique du désastre de Fukushima de Nadine et Thierry Ribault : « Ce qui restera ne sera plus une situation historique, mais un champ de ruines sous lequel sera enterré tout ce qui avait été un jour de l'histoire. Si malgré tout l'homme survivait, ce ne serait plus en tant qu'être historique mais comme un pitoyable résidu : comme une nature contaminée dans une nature contaminée » Günther Anders, Obsolescence de l'homme. Autrement, la Molussie de Nicolas Rey, récemment primé au festival Cinéma du Réel nous en propose une pensée-paysage. http://lederniercoquelicot.hautetfort.com/archive/2012/04...

Quel film avait-t-elle vu ? Koyamaru de Jean-Michel Alberola, dont le réalisateur nous a appris que nombre des habitants de cette campagne montagneuse du Japon sont partis à la suite du tremblement de terre à l'origine du dramatique tsunami et dont des forêts filmés en négatif nous laissent un souvenir étrange ? A moins qu'il ne s'agissait d'une réunion publique ?

Ne vois-tu pas – chante Colette Magny – ces hommes et femmes qui battent le pavé, et qui, oh bourgeois, portent la guerre sous vos fenêtres ! Fermes ta porte, pays corseté de nation imbécile, la ligne de front que tu as créée passe déjà sous ton balcon.

A celui qui porte ses larmes, qui est plus « malheureux que le malheur » (Colette Magny), qui éprouve « l'effort du monde au matin pour redevenir soleil » (Christine Spianti) et peine, le soir venu, à se réchauffer (une séquence a tatoué un hippocampe de Martin et Léa de Alain Cavalier; Léa, après le suicide de son amie, tremble de son âme et du corps en chien de fusil, alors que Martin, comme un majnoun, s'emploie longuement, viscéralement, à la réchauffer - séquence qui nous rappelle par l'intensité physique et primitive, et dans un autre contexte de désir et d'amour, La Femme au Corbeau de Borzage), donnes toi rendez-vous à la cinémathèque française, il y a des restes d'écrans en couvertures affectives. Il y fait bon, les toilettes y sont accessibles, les hôtesses jolies, et, pourquoi ne pas y roupiller à l'ombre de son olivier trônant désormais au centre de sa mezzanine. Tous à la cinémathèque ! C'est Serge Toubiana qui régale.

En attendant, l'éternel retour des éclopés, des pirates des écrans et autres manchots et chauve-souris dans ce haut et nouveau lieu germano pratin : hommage aux intranquilles (d'un nom de festival qui se tenait aux Subsistances de Lyon) : http://www.cinematheque.fr/fr/dans-salles/rencontres-conf...

 

- « Au pigeon vole des voleurs » (Colette Magny)

- « Les cris qui se savent inécoutés... »

 

aa