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27/11/2011

Cinéma intégral

D’initiales JLG, faussement familière, à d’autres qui peuvent être aussi, confondante, celle d’un poète, de Bory (Jean-Louis) à Bory (Jean-Francois), l’amusement de jeux de lettres (et d’esprit) découvre des affleurements d’altérités multiples qui se voilent à l’obscurité d’une expérience et font de ces correspondances, d’inattendus glissements d’identités.


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De Bory, Jean-Francois, en un petit livre d’un seul feuillet, une seule feuille à déplier recto verso, éditée courageusement par l’association contrat maint, en cette place limite qui est celle qui n’a pas à rendre compte d’un résultat, en une page, en un cours essai, tenter à partir du titre, un «cinéma intégral». Intégral et cinéma, les deux mots n’ont pas souvent été mis en relation et ils le sont ici, à travers la façon de rejouer une scène d’un beau film d’Aldrich, Kiss me deadly. Ce film exerce une influence sur la vie d’un couple, qui s’habille, à la sortie de la séance, à l’instar des protagonistes du film, comme pour en prolonger la durée, et répéter ce qui vient de se dérouler sous les yeux. L’attitude n’a rien de vraiment théâtral car ce n’est pas le jeu de rôle qui est à l’oeuvre, plutôt une manière d’essayer de faire intervenir dans la vie ce qui appartient à l’image et à son désir. Le poète ne tait pas l’équivoque d’un tel jeu et il laisse les amants, à eux-mêmes, savoir où ils en sont, retrouvant pas hasard la thématique du film, alors qu’ils pensaient l’avoir perdu. De ces êtres hybrides de celluloid, la façon de les dépeindre (de les cadrer) n’est souvent qu’indirecte, à travers le prisme d’une image inattendue qui soudainement fait surface. L’intégralité se composerait à des associations d’image, différente d’une répétition, évitant l’imperfection et la lourdeur de la rationalité des rapports. Mais aussi, peut-être que cette intégralité attise depuis longtemps un abord:

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...comme cette façon de suivre l’intégralité d’un cycle, de toute une oeuvre complète (mais depuis quand?), avec la promesse d’un univers, d’abord difficile à admettre, puis si «persuasif et détaillé qu’il rivalise avec celui que nous habitons à l’enseigne de la réalité»...

 

...comme l’intégralité d’un savoir à définir, de ces russes qui de Koulechov à Poudovkine ont expérimenté ce qui, de la main levée qui filme, peut acquérir une forme de langage. L’image, même partielle, se détachait de sa perception courante pour faire irruption en contact à d’autres et de toutes ces combinaisons, les ouvrages précis stipulent encore les structures de «dislocation», moderne. 

 

...comme la totalité d’un point de vue, du grand écart à la vue d’un film, qui oppose les critiques, au point que certains accordent un cinq étoiles à une oeuvre «osons le mot, majeure» (Critikat, Théo Ribeton) et d’autres à peine une pauvrette étoile pour ce Sleeping Beauty dont, simple arbitre sans avis, au milieu des arguments à fleuret moucheté, nous tombons d’accord sur le fait qu’Emily Browning soit l’«événement érotique de l’année» (Stéphane Delorme), entre autres, mais, que contrairement à l’article, elle ne nous fait pas penser à Belle de jour mais plutôt à Claire Dolan, vivant à une similaire froide lumière au plus proche de la désespérance. 

 

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...comme l’intégralité d’une signature d’un film ou d’un texte, qui signifie différentes approches. Souvent elle reste l’expression d’un soi claironnant emphatiquement son identité. Parfois, elle traduit le pied de nez à l’état civil tel Kafka et Pessoa qui usaient de différentes signatures chaque jour, au gré de l’humeur. Encore autre, la signature des "grands" réalisateurs qu'on aime, s’écrivant et s’effaçant derrière la reconnaissance des emprunts qui n’en finissent pas de qualifier une singularité, brulant d’un feu intérieur ce qui est cité, de tout ce qu’on doit aux images et aux textes...

 

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