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08/06/2012

Quel temps pour demain?

Le tapis rouge de Cannes tout juste roulé et remisé, le mois de juin parisien voit fleurir sur son pavé une foultitude de festivals petits et grands. Le Maire de Paris l'a dit avec chaleur et éloquence lors de la conférence de presse inaugurant le 10ème anniversaire du Festival (fourre-tout) Paris Cinéma : « l'histoire d'amour entre le cinéma et Paris ne s'arrêtera jamais ». Amen. Que trouvera-t-on dans le 10ème panier garni servi cette année? Toujours des programmations enchevêtrées à la logique guidée par le trop plein (pour la joie du cinéphile, le bonheur du vélibien qui déchiffre la carte de Lutèce comme d'autre un bout de parchemin laissé entre l'imaginaire et le trésor, ou encore à la manière de la regrettée Pascale Ogier lorsqu'elle lit le plan en escargot des 20 arrondissements de la capitale dans Le Pont du Nord de Jacques Rivette à la manière d'un jeu de l'oie. « A nous deux Babylone » dit-elle Porte de Montreuil avant de repérer les sculptures de lion qui parsèment Paname de l'Hôtel de Ville justement à la place Denfert-Rochereau – nuff respect jah-karatekid-de-la-beauté. A nous deux Paris-Cinéma : avec, donc, 100 films inédits en provenance de Hong-Kong, dont une nuit Johnnie To, et l'avant-première attendue D'une vie sans principe, une intégrale Olivier Assayas (normal, lorsque l'on connaît son travail critique sur le cinéma asiatique), un hommage appuyé à Raul Ruiz, un set de Jeff Mills sur la projection des Etudes sur Paris de André Sauvage, Les enfants de Belle Ville, deuxième film inédit en France et en version restaurée de Asghar Farhadi (un titre pour les bellevillois de la rue Ramponneau à la place Pali Kao), une Queen of Montreuil de Solveig Anspach où nous chercherons l'ombre de Pascale Ogier, le dernier opus de Xavier Dolan, un film Bulgare caché quelque part dans le programme et qui succédera peut-être à Sur la planche de Leila Kilani au palmarès, et pour ceux experts en « entrisme », en ouverture, le Holy Motors de Carax, entre autres plats... Pour reprendre les bon mots de Ettore Scola s'adressant à Bertrand Delanoë lors de la remise de la médaille Grand Vermeil de la Ville de Paris : « Paris a une chose que Rome n'a pas, c'est son Maire. A la mairie de Rome, il y a des gens sales, affreux et méchants. Paris gagne sur Rome, pour le moment ». Enfin, le natif de Tunis, le thuriféraire de Dalida devrait se méfier; ne pas trop égratigner le carmin de certain paillasson et les grandes avenues de bords de mer pour regarder du coté des Champs-Elysées s'avancer la concurrence, un drôle de champignon non endémique, avec Hervé Weinstein comme figure représentatif du cinéma indépendant (sic!), et Michael Madsen l'acteur rebelle et « formidable » qui n'a jamais joué dans un bon film, hâbleur, un faux mauvais garçon en Nouveau Président vs Charlotte Rampling. Tous nos voeux d'événement « considérable » et parfaitement inutile au Champs-Elysées Film Festival!

 

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(Ettore Scola dans les salons de l'Hôtel de Ville de Paris)


Entre-temps, et pour continuer à « s'acharner » à défendre les petites salles, c'est bien le mot employé par Monsieur le Maire (de mes deux mairies (Léo Ferré)), se déroule actuellement et jusqu'à dimanche, au Nouveau Latina (4ème arrondissement et salle de la très prochaine rétrospective Raoul Ruiz), une intéressante programmation de documentaires sur un Air de Révolution. Après Edouard de Laurot et avant Sweet sweetback's Baadasssss Song de Melvin Peebles : ce soir Enthousiasme ou la Symphonie du Donbass de Dziga Vertov. Je lis le programme : « Projection vidéo de la version restaurée par Peter Kubelka en 1972 – copie originale 35 mm appartenant à la Collection de l'Austrian Film Museum. Tout en insistant sur la nature documentaire, authentique, des bruits et des images, le réalisateur ne suit pas servilement la perception humaine, mais reconstruit par le film une réalité supérieure, une « ciné-réalité » » – LOL se dessine muettement sur les lèvres des filles des années 2010, celles que Pascale Ogier aurait eues!

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(En arrière plan, la Villette avant qu'elle ne devienne Cité des sciences.

Faut-il encore le rappeler : "A girl is a gun.")

 

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